Questions sur la prière juive 4 – fêtes et torah

Nous concluons ces questions en évoquant les textes liés aux fêtes et à la lecture de la torah, puis quelques questions de réflexions sur ce que signifie la prière pour vous.

  1. Qu’est-ce que la « kabalat chabbat » ? Quand a-t-elle été mise en place ?
  2. Quelles sont les prières de la kabalat chabbat ?
  3. Que sont les prières de כל נדרי et de נעילה?
  4. Quel est le nom des trois parties de l’office de Roch Hachana que l’on ajoute à la amida de moussaf et au cours desquelles on sonne du chofar?
  5. Quels sont les trois phrases qui concluent l’office de yom kipour ?
  6. Qu’est-ce que le הלל ? le מוסף ? la ברכת החודש ? La ברכת הלבנה ?
  7. Expliquez ce que sont la bénédiction de la pluie et la bénédiction de la rosée.
  8. A quelle occasion ajoute-t-on « Et écris dans le livre de la vie tous les enfants de ton alliance » ?
  9. Pourquoi retrouve-t-on souvent les mêmes versets dans le Kidouch et dans la Amida ?
  10. Qu’est-ce que la Havdala ? Ecrivez le mot en hébreu, traduisez, écrivez en français les trois bénédictions de la cérémonie.
  11. Qu’est-ce que la prière על הניסים ? Dans quelles prières et à quelles occasions est-elle ajoutée ?
  12. Qu’est-ce que la prière יעלה ויבא ? Dans quelles prières et à quelles occasions est-elle ajoutée ?
  13. A quelles occasions les mot « hael hakadoch » sont-ils remplacés par « haméleH hakadoch » dans la Amida ? Pourquoi ?
  14. Qu’est-ce que le Vidouï ? Celui de Tichri ? Celui qu’on prononce au moment d’un décès ?
  15. A quelles occasions de la prière ou de la vie récite-t-on des psaumes ?
  16. Le rôle des femmes doit-il être différent de celui des hommes dans la prière ? Qu’en est-il dans les différents courants du judaïsme ?
  17. Un enfant peut-il diriger un office ? Faire le Kidouch ? Expliquez.
  18. Traduisez la bénédiction suivante et expliquez quand elle est prononcée : בָּרוּךְ אַתָּה ה’ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, אֲשֶׁר בָּחַר-בָּנוּ מִכָּל הָעַמִּים וְנָתַן לָנוּ אֶת תּוֹרָתוֹ. בָּרוּךְ אַתָּה ה’ נוֹתֵן הַתּוֹרָה:
  19. A quelle occasion tient-on particulièrement à monter à la torah ?
  20. Qu’appelle-t-on une Alya ? Pourquoi est-il de coutume de faire un don quand on a reçu un honneur ?
  21. Qui sont les personnes qui interviennent pendant la sortie de la torah ? Quel est leur rôle ?
  22. Qu’est-ce qu’un « mi sheberach »? Quand est-il prononcé ?
  23. Qu’est-ce qu’une « haftara »? De quoi parlent les bénédictions de la haftara ?
  24. Faut-il venir à la synagogue en voiture le shabbat ? Que prendre en compte dans son choix ?
  25. Faut-il croire en Dieu pour prier ? Pourquoi oui ? Pourquoi non ? Quelle est votre position ?
  26. Quel est le rôle social de la prière ?
  27. Peut-on emmener des enfants à la synagogue ? Quel est le comportement approprié ?
  28. Que signifient pour vous les bénédictions de la journée ? Lesquelles prononcez-vous ?
  29. Avez-vous un temps de prière personnel ? Quelles prières y prononcez-vous et pourquoi ?
  30. Quelle signification a pour vous la fréquentation des offices ? Vous sentez-vous lié à une obligation de prier ?
  31. Si vous étiez dans un lieu où il n’y a pas de synagogue libérale, que feriez-vous et pourquoi ?
  32. Quelle est votre prière préférée et pourquoi ? Celle avec laquelle vous éprouvez des difficultés ? Racontez.
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Questions sur le mouvement libéral…

« Tradition et modernité », voici un slogan dont chacun aujourd’hui se revendique. En effet, il permet de souligner que nous prenons soin de notre besoin de continuité et de transmission tout en nourrissant notre besoin de défi, d’évolution. La notion de Hidouch, « renouveau » en rend compte tout au long de l’histoire juive : il est normal et souhaitable d’évoluer. Lorsque le Hatam Sofer en a décidé autrement, c’était en réaction à une période historique extrêmement mouvementée : celle de l’émancipation et des lumières, pour se démarquer des changements mis en œuvre à cette époque par les libéraux. Cette prise de position liée aux circonstances a été revue par l’orthodoxie moderne, car sans aucun doute, nous sommes en constante évolution. L’approche libérale, conforme à l’approche juive depuis toujours, consiste à rechercher la conscience de cette évolution, pour l’accompagner et la diriger. Les valeurs que nous défendons sont traduites dans le langage de la modernité, il est important de revisiter, à travers quelques humbles questions, l’histoire récente du judaïsme et l’essence de notre façon libérale d’approcher la tradition. Ces quelques questions nous permettrons, je l’espère, de faire le point sur l’essentiel. N’hésitez pas à réagir dans les commentaires.

  1. De l’orthodoxie et du libéralisme, quel mouvement a précédé l’autre ?
  2. Quelle est la différence entre les libéraux, les masorti et les orthodoxes en matière de relation à la loi juive, sa pratique et sa nature ?
  3. Quels sont les grandes questions sur lesquelles la pensée libérale se différencie de la pensée orthodoxe ?
  4. Quelles sont les différences lorsqu’on rentre dans une synagogue libérale ou dans une synagogue orthodoxe ?
  5. Quelles sont les différentes approches par rapport à la modernité, la science et la citoyenneté ?
  6. Quand et où les approches progressistes du judaïsme sont-elles nées (attention, question-piège) ?
  7. Quel rôle l’émancipation des juifs a-t-elle joué dans l’apparition des mouvements LOM (libéraux, orthodoxe, massorti) ?
  8. Quel rôle les lumières, la philosophie et l’approche historico-critique ont-elles joué dans la constitution des mouvements LOM ?
  9. Citez trois grandes figures du judaïsme libéral au 19e siècle ainsi que leur pensée.
  10. Citez trois grandes figures du judaïsme libéral au XXe siècle ainsi que leur pensée.
  11. Citez trois grandes figures du judaïsme libéral au XXIe siècle ainsi que leur pensée.
  12. Quel est le centre géographique du mouvement libéral au XIXe s ? au XXe s ? Que sera-t-il au XXIe s ? Quels événements historiques sont à l’origine de ces évolutions ?
  13. Citez le nom de séminaires rabbiniques libéraux et conservative au cours des siècles passés.
  14. Quelles sont les grandes valeurs que défend le judaïsme libéral ?
  15. Quelle est la force du judaïsme libéral à votre avis ? Celle du judaïsme massorti ? Celle des courants orthodoxes ?
  16. Quel groupe était-il précurseur de la constitution de l’ULIF ? Abrité par quelle institution ?
  17. Dessinez un arbre généalogique des communautés libérales et massorti parisiennes.
  18. Depuis leur naissance, comment les mouvements LOM ont-ils évolué sur le plan idéologique et sur le plan démographique ?
  19. Peut-on dire que le judaïsme libéral est le judaïsme de Hillel ? Pour, contre, votre opinion.
  20. Etes-vous un juif libéral ? Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Que savez-vous de l’histoire juive?

Comment comprendre ce qu’est le judaïsme sans s’intéresser à son histoire?

L’histoire juive sera notre thème samedi de 9h à 10h à Surmelin et dimanche de 9h45 à 10h45 à Ganénou.
Pour nous préparer à évoquer ces questions, voici 40 questions qui nous aiderons à préparer le terrain.
Si vous ne connaissez pas les réponse, pas de panique! Nous aborderons ces questions ensemble.
Il est néanmoins important d’en prendre connaissance.
Au plaisir d’étudier cette partie centrale de la culture juive avec vous.

  1. En quoi l’histoire juive est-elle importante pour bien comprendre ce qu’est le judaïsme ?
  2. Les juifs ont-ils une histoire propre ?
  3. Quelles difficultés rencontre-t-on lorsqu’on parle d’histoire juive ?
  4. Que signifie l’histoire juive dans la société occidentale ?
  5. Quand le premier livre d’histoire juive a-t-il été écrit ? Par qui ? Comment s’appelle-t-il ?
  6. Citez trois livres reprenant l’histoire des juifs. Quelle approche ont-ils adoptée ?
  7. Quand le mot « israël » apparait-il pour la première fois ? Dans quel contexte ?
  8. Quand le mot « yéhoudi » apparaît-il pour la première fois ? Dans quel contexte ?
  9. D’où vient le mot « israélite » ? D’où vient le mot « hébreu » ?
  10. Quand le monde a-t-il été créé ?
  11. Abraham et Sarah ont-ils existé ? A quelle époque ?
  12. A quelle époque peut-on dater la sortie d’Egypte ? A-t-elle réellement existé ?
  13. Quand et par qui le premier temple a-t-il été construit ? Détruit ?
  14. Quand et par qui le deuxième temple a-t-il été construit ? Détruit ?
  15. Qu’est-ce que l’ « histoire deutéronomique » ?
  16. En quoi Ezra et Néhémie sont-ils des personnages clefs de l’histoire juive ?
  17. Quand a eu lieu la révolte des Macccabées ?
  18. A quelle époque le judaïsme prend-il sa dimension normative ?
  19. Quelles sont les relations entre le monde juif et le monde grec ?
  20. Quelles sont les relations entre le monde juif et le monde Romain ?
  21. Où et quand le Talmud est-il rédigé ?
  22. Qui sont les tanaim, amoraim, savoraim, stamaim ?
  23. Quelles sont les conséquences de la naissance du christianisme pour l’histoire juive ?
  24. Qui sont les gueonim, les rishonim et les aHaronim ?
  25. Quels changements interviennent autour de l’an 1000 ?
  26. A quelle époque et où le monde aschkénaze prend-il sa source ? A quelle époque s’étend-il vers d’autres pays et pour quelle raison ?
  27. Qu’est-ce que l’ « âge d’or espagnol » ?
  28. Que savez-vous de la vie des juifs en terre d’Islam ?
  29. En quoi la reconquista modifie-t-elle l’histoire juive ?
  30. Quand les juifs reviennent-ils en Europe occidentale ?
  31. Qu’est-ce que la modernité ?
  32. Qu’est-ce que la haskala ? Qui en est le grand précurseur ?
  33. Qu’est-ce que la Wissenschaft des Judentums ?
  34. D’où vient le dicton juif : « heureux comme Dieu en France » ?
  35. Quels mouvements provoquent les pogroms de 1880 ?
  36. Que savez-vous de l’histoire des juifs en Amérique du nord et du sud ?
  37. Que signifie l’affaire Dreyfus pour les juifs de France ?
  38. Qui était Théodore Herzl ?
  39. Quand nait l’antisémitisme racial ?
  40. Décrivez les grands événements qui ont marqué le judaïsme au XXe siècle.

Histoire du Judaïsme libéral

Voici quelques repères concernant le judaïsme libéral.

La bonne compréhension des événements historiques nécessite une vision réflexive de l’histoire et de sa propre place au sein des mouvements sociologiques en œuvre.

Histoire du mouvement libéral

Introduction générale

  • Contexte historique ou idées d’agences publicitaires ?
  • Dissension « au nom des idées » מחלוקת לשם שמיים סופה להתקים, droit au désaccord autant au sein du monde libéral qu’entre libéraux et autres tendances.
  • L’étude de la Torah comme lien nécessaire entre l’évolution et la tradition
  • Être conscients des influences qui jouent sur nous, pouvoir les travailler
  • Pour mieux comprendre le contexte, revoir le cours sur les mouvements dans le judaïsme

Introduction historique

  • L’enthousiasme messianique rationaliste (juif et général) à l’époque des lumières et de l’émancipation
  • Réalité concrète de l’émancipation avec la révolution française
  • Les identités libérales et les identités orthodoxes sont multiples, les « couples » d’opposition libéral/orthodoxe sont également multiples dans une « danse systémique »
  • Louis Germain Lévy 1917, Ce que nous sommes: Le judaïsme doit s’écarter des notions abstraites pour incarner des « idées émues et vivantes, colorées, réchauffées et portées par toutes les puissances de l’âme »

Points de repères : Allemagne

  • 1769 traduction de la Torah en Allemand par Mendelsohn
  • 1810 Jacobson en Westphalie puis à Berlin, dénonciation orthodoxe et décret d’interdiction des offices (1817) puis de toute innovation dans la langue ou les chants (1823) par les autorités prussiennes
  • 1818 Synagogue libérale à Hambourg, sidour remanié
  • 1832 Leopold Zunz prouve que le sermon dans la langue du pays était une tradition perdue
  • 1838 Abraham Geiger à communauté (pas libérale) de Breslau : Processus évolutif, transformations passées, transformation actuelle => nationalisme juif, particularisme juif. Il s’adapte néanmoins à la communauté plus traditionnaliste.
  • 1846 Samuel Holdheim à la communauté réformée de Berlin = > hébreu, chabat->dimanche (réforme)
  • BFB 1844-45-46 : Mariages mixtes si état permet d’élever les enfants dans le judaïsme, nationalisme patriote, importance de l’esprit du chabbat (pas seulement la forme), s’élever à travers la liturgie, hébreu pas obligatoire.
  • 1854 Séminaire Théologique de Zacharias Frankel
  • 1871 émancipation des juifs allemands
  • 1872 Hochschule de Berlin par Geiger (libéralisme, plus modéré que Holdheim)
  • 1899 Union des rabbins libéraux d’Allemagne

USA : liberté religieuse + pas d’anciennes institutions ///Orthodoxie molle

  • 1824 synagogue réformée en Caroline du Sud
  • 1842-1845 Baltimore, New York
  • 1846 Isaac Mayer Wise immigre provoque->
  • 1855 conférence rabbinique de Cleveland
  • Conflit Wise (minhag america) / Einhorn (Olat tamid)
  • 1869 Conférence des rabbins réformés à Philadelphie
  • 1873 Union des communautés juives américaines – sans plateforme idéologique, créée le
  • 1875 HUC Hebrew Union College dirigé par Wise (Cincinnati)
  • 1883 départ des traditionnalistes (question de cacherout)
  • Conférence de Pittsburgh : pas de caractère contraignant des commandements, valeurs modernes priment (Kaufman Kohler)
  • 1889 Conférence centrale des Rabbins américains CCAR (Union Prayer Book, hérite du Olat tamid), abandon des observances individuelles, centralité de la synagogue, « réforme classique » (juifs allemands)
  • 1903 Kaufman Kohler dirige HUC
    Fin 19: immigration d’europe centrale + 1WW+ crise 1930 + antisémitisme + controverses// sionisme => remise en cause de l’idéal messianique et de l’enthousiasme qui l’accompagnait
  • 1937 plateforme de Colombus plus traditionnelle remplace la plateforme de Pittsburgh
  • 1922 Séminaire de New York
  • 1926 fondation du WUPJ
  • 1943 Union des communautés juives américaines -> action sociale, mouvement de retour à la synagogue
  • 1954 Séminaire de Los Angeles
1940 400 communautés 400 rabbins
1980 730 communautés 1300 rabbins

Europe

  • 1842 Excommunication des libéraux anglais pourtant très modérés
  • 1856 Reconnaissance par le Parlement anglais de la communauté libérale
  • 1867 Séminaire rabbinique moderne en Hongrie, « néologues »
  • 1904 Rabbin (Vaucquelin) Louis Germain Lévy : « Une religion rationnelle et laïque »
  • 1907 Inauguration de l’ULI (séparation E/E 1905), MaHzor, dimanche, français, universaliste
  • 1912 fondation de la « Synagogue Juive Libérale anglaise » sur le format de la «Réforme Classique » (peu de succès)
  • 1958 Leo Baeck College

France

  • 1791 émancipation des juifs de France
  • milieu du XIXème : cercle libéral
  • 1830 : orgue dans les offices au Consistoire
  • 1907 ULI, grand rabbin Louis Germain-Levy
  • 1955 André Zaoui, séminaire rabbinique
  • 1977 MJLF
  • 1993 Kéhilat Guesher
  • 1995 CJL

Divers

  • 1963/1971 Campus de Jérusalem
  • 1972 ordination de la première femme rabbin US
  • 1980 ordination du premier rabbin libéral israélien
  • 1992 ordination de la première femme rabbin Israélienne

Quelques premiers liens d’exploration

http://huc.edu/about/history

http://www.akadem.org/medias/documents/–ULIF-2.pdf

http://www.reform.org.il/Eng/Communities/SeminariesResults.asp?CountryZoneID=3

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k72907s/f1.image

Téléchargez le document ici: Histoire du mouvement libéral

Etude en Hévrouta

En quoi ce texte est-il représentatif de la vision libérale du Judaïsme ? En quoi reflète-t-il son époque ? Qu’est-ce qui vous parle à titre personnel ?

(Louis Germain Lévy, Cherchez moi et vous vivrez, 1917)

Comment les personnes non juives peuvent participer aux offices?

Les offices sont un moment de rassemblement communautaire et de partage. Les personnes non juives y sont les bienvenues. Quelle sont les façons justes pour elles d’être accueillies et de participer? Le Rabbin Yann Boissière et la commission « affirmer notre identité » ont voulu partager leur approche de la prière juive dans un petit livret accessible au MJLF. Cet article en reprend des extraits. Merci à eux pour ce partage.

● Rappelons tout d’abord qu’une longue lignée de décisionnaires (Abraham bar Hiyya, Maïmonide, le Meïri), depuis le Moyen Age, fut unanime à considérer les chrétiens et les musulmans comme authentiquement monothéistes et contribuant à ce titre (traité Houlline 13b) à préparer l’ère messianique. Le Talmud avait déjà établi auparavant l’obligation de procéder à certains actes rituels en faveur des chrétiens ou des païens, selon le principe mipné darké shalom (« au nom des voies de la paix ») : entre autres visiter les malades, aider les pauvres, enterrer les morts (traité Guittine 59b).

● Dans le domaine liturgique également, il était de haute tradition que les personnes non juives puissent venir prier au Temple, et le passage de I Rois, 8, 41-43 nous montre Salomon insistant pour que leurs prières soient entendues. Les sacrifices offerts par des païens étaient considérés comme acceptables au Temple, tout comme le don d’objets tels que la menora (candélabre à sept branches) à une synagogue (traité Arakhine 6b).

● Depuis l’époque babylonienne, des prières publiques en faveur des dirigeants de l’Etat font partie intégrante de l’office, tout comme l’on mentionne dans nos synagogues les noms des défunts, quelle que soit leur religion, avant la récitation du Kaddish.
Prêtres et imams sont régulièrement accueillis dans nos communautés libérales pour participer à des lectures de textes ou délivrer un discours à la communauté.

● De même, dans le cas d’une famille mixte qui célèbre la bar ou bat-mitsva de son enfant, le parent non juif est invité à participer à la cérémonie, de sorte que la célébration inclue toute la famille de manière égale. De façon générale, dans la mesure où le judaïsme libéral affirme qu’une part essentielle de la Tradition consiste en un message éthique et prophétique adressé à toutes les Nations, et prône une nécessaire ouverture à la cité et à la modernité, les personnes non juives sont tout à fait bienvenues et invitées à fréquenter nos synagogues.

● Cette ouverture, toutefois, n’est pas sans limite, et le judaïsme libéral n’a jamais abandonné l’idée qu’Israël constitue une communauté distincte par son histoire et sa destinée. La vision du peuple juif en tant que peuple, autrement dit comme communauté définie par une histoire et une identité communes, n’a jamais disparu.

● A ce titre, la synagogue est clairement une institution juive, et les offices qui s’y déroulent ne peuvent être considérés uniquement comme une méditation personnelle et spirituelle. Un office constitue également la réaffirmation collective et publique de notre identité juive et de notre adhésion à l’Alliance contractée entre Dieu et le peuple d’Israël. L’accès à la communauté juive étant par ailleurs possible, de manière connue, par filiation ou par conversion, prétendre qu’une personne non juive n’ayant pas formellement adopté le judaïsme puisse jouer un rôle liturgique équivalent à une personne juive reviendrait à porter atteinte à la valeur des notions d’Alliance et d’identité juive.

● Une personne non juive, ainsi, ne pourra diriger tout ou partie d’un office public, « public » étant compris ici selon la catégorie traditionnelle de la tefilla bé-tsibbour, la « prière communautaire ». Sont également exclues toutes les prières constituant une tefillath hova, une « prière obligatoire », telle la récitation du Shema Yisraël, de la Amida et de toutes les prières nécessitant un miniane (minimum de 10 personnes), comme la lecture de la Torah ou le Kaddish.
D’une manière générale, la participation à l’ensemble du rituel de la lecture de la Torah sera réservée aux personnes juives, tout comme la lecture des passages liturgiques incluant la récitation d’une bénédiction (qui implique l’acceptation formelle des mitsvoth, des « commandements).

● En revanche, une personne non juive pourra :
a/ Participer à toute partie liturgique ne nécessitant pas une affirmation spécifique (comme accompagner un enfant à la bima lors d’une bar ou bat-mitsva). La lecture en français de la parasha (section hebdomadaire de la Torah) ou de la haftara (passage des prophètes associé chaque semaine à la parasha) fait partie, dans notre communauté, de ces lectures permises.
b/ Réciter des prières spéciales lors d’offices, de commémorations ou de célébrations impliquant des offices non liturgiques.
c/ S’adresser à la communauté dans des discours de nature non liturgique.
Les personnes non juives peuvent donc assister, voire participer aux offices, et ainsi exprimer leur attachement à la communauté, sans que soit altérée l’intégrité distinctive d’une congrégation juive religieuse.

Pourquoi les hommes et les femmes sont-ils assis ensemble ?

L’égalité femmes-hommes est au coeur de la pensée libérale. Le Rabbin Yann Boissière et la commission « affirmer notre identité » ont voulu partager leur approche de la prière juive dans un petit livret accessible au MJLF. Cet article en reprend des extraits. Merci à eux pour ce partage.

● Une première réponse, très simple, tient au principe d’égalité qui, très tôt dans l’histoire de la mouvance libérale, a constitué un pilier fondamental de notre manière d’envisager le judaïsme. Les hommes et les femmes ont les mêmes droits et devoirs religieux, et il n’est aucune exception à ce principe. Chacun peut donc s’asseoir où bon lui semble.

● Une réponse plus historique soulignera le fait suivant : bien que les femmes, dans les synagogues traditionnelles, soient séparées des hommes, le plus souvent reléguées à un étage, « au balcon », quand elles ne sont pas séparées de l’espace de la synagogue par un paravent physique (une méhitsa, « séparation »), aucune justification scripturaire ne peut être avancée pour justifier cet état de fait. L’argument généralement invoqué selon lequel les femmes troubleraient la quiétude de la prière par les éventuelles tentations qu’elles susciteraient chez les hommes nous apparaît comme particulièrement spécieux, voire dépréciatif pour les deux sexes.

● Par ailleurs, l’argument selon lequel la séparation entre les sexes aurait déjà existé dans les parvis du Second Temple est historiquement inexact. Il se trouve que, lors de la « Fête du puisement de l’eau » — l’un des moments forts de la fête de Soukkoth au temps de l’existence du Temple –, les rabbins demandèrent une certaine année d’ériger une balustrade entre les hommes et les femmes, afin d’éviter toute frivolité. Cette séparation sur le parvis du Temple fut cependant toujours temporaire et limitée à la durée de la fête. Concernant les sources scripturaires, l’assertion qu’une telle séparation serait ordonnée par la Torah est donc sans aucun fondement.

Comment se déroule l’office du samedi matin?

L’office du samedi matin est le moment où la communauté se retrouve pour célébrer le Chabbat, prier et étudier. Le Rabbin Yann Boissière et la commission « affirmer notre identité » ont voulu partager leur approche de la prière juive dans un petit livret accessible au MJLF. Cet article en reprend des extraits. Merci à eux pour ce partage.

L’office comporte cinq grandes parties, plus la partie consacrée à la lecture de la Torah.

■ Les birkhoth ha-shahar, « bénédictions du matin » :
Ces bénédictions expriment, à travers notre expérience corporelle du renouveau matinal, notre reconnaissance envers Dieu qui renouvelle sans cesse l’œuvre de la Création et redonne vie au monde tout entier.

■ Les pesouké dé-zimra, « versets du chant » :
● Une série de psaumes constitue l’essentiel de cette partie, dont le thème principal est la louange de Dieu (hallélou yah, « louez Dieu »).
● Cette partie est encadrée par deux bénédictions : la bénédiction initiale du Baroukh shé-amar (« Béni soit celui qui a parlé [et le monde fut]) et la bénédiction finale du Yishtabah (« qu’il soit loué »).

■ La prière du Shema Yisraël (« écoute Israël ») encadrée de ses bénédictions :
● Pour un commentaire sur cette partie, voir ci-dessus à « office du vendredi soir ».
● Lors de l’office du matin, les bénédictions qui encadrent le Shema sont ramenées au nombre de trois.

■ La Amida (« prière debout ») :
Voir ci-dessus à « office du vendredi soir ».

● La lecture de la Torah :
Cette partie fait l’objet d’un développement spécifique (voir ci-après).

■ Les prières conclusives :
Après l’ascension progressive des quatre premières parties, cet ensemble, composé de prières diverses, représente en quelque sorte une façon de « redescendre sur terre ». Parmi les prières remarquables de cette partie, on retrouve :
● Le Alénou léshabéah (« à nous de louer ») : cf. commentaire du vendredi soir.
● La Hashkava (« rappel des noms de nos disparus ») : cf. commentaire du vendredi soir.
● La prière pour la France : formulant le vœu de la paix de l’Etat et de ses dirigeants, elle exprime le lien indéfectible et la profonde compatibilité de nos valeurs avec celles de la République.
● La prière pour Israël, quant à elle, exprime le lien de fraternité qui unit Israël et la diaspora, et notre souci que soit instauré au Moyen-Orient une paix juste et durable.
● La prière finale du Eïne kélohénou (« Nul ne ressemble à notre Dieu »).