Qu’est-ce que le Kaddish?

Le Kaddish est une prière à plusieurs façettes. Le Rabbin Yann Boissière et la commission « affirmer notre identité » ont voulu partager leur approche de la prière juive dans un petit livret accessible au MJLF. Cet article en reprend des extraits. Merci à eux pour ce partage.

● Le Kaddish est l’une des prières fondamentales, et sans doute l’une des plus connues, de la liturgie juive. Autour d’un texte central, dont le thème est la sanctification du Nom de Dieu, existent diverses variations possibles qui, au final, donnent naissance à cinq textes de Kaddish différents. L’une de ces variantes, le Hatsi-Kaddish (« demi-kaddish »), sert à séparer les différentes parties de l’office — le mouvement libéral a d’ailleurs supprimé un certain nombre de ces répétitions.

● La variante la plus connue est le Kaddish yatome, le « Kaddish des endeuillés ». Il est récité vers la fin de chaque office, après la mention des noms des personnes disparues. C’est sans doute cette dernière version qui donne au Kaddish sa notoriété, mais le plus souvent au prix d’une idée fausse : passant parfois pour « la prière des morts », le texte ne comporte en fait aucun allusion ni à la mort ni aux défunts.

● Le Kaddish a été rédigé — et se récite encore de nos jours — en araméen, la langue source de l’hébreu (et de l’arabe). Une explication folklorique, souvent mentionnée, avance le fait que « les anges ne parlent pas araméen » ; réciter le Kaddish en cette langue permettrait donc de les troubler et de limiter leur influence éventuellement néfaste pour l’âme des défunts !
La raison historique, toutefois, est que l’araméen est devenu très tôt dans l’histoire d’Israël la langue vernaculaire ; l’importance du Kaddish étant majeure aux yeux de nos Sages, ces derniers ont opté pour une formulation en araméen, langue alors parlée par tous, pour que chacun puisse la réciter et la comprendre.

Une femme peut-elle porter le taleth ?

Le Taleth est un symbole important dans la tradition juive. Le Rabbin Yann Boissière et la commission « affirmer notre identité » ont voulu partager leur approche de la prière juive dans un petit livret accessible au MJLF. Cet article en reprend des extraits. Merci à eux pour ce partage.

● Le taleth est un châle de prière. Outre que le porter est un commandement de la Torah (Nbr. 15, 37-41 ; Deut. 22, 12), sa signification est hautement symbolique, car ses franges rituelles (appelées « tsitsith ») nouées aux quatre coins représentent les mitsvoth (« commandements »). Se revêtir du taleth, c’est donc manifester de façon très concrète son acceptation des enseignements du judaïsme.

● Selon un principe soutenu par le judaïsme traditionnel (et contesté par les mouvements libéraux), les femmes seraient exemptes de tous les commandements positifs (les commandements de la forme « tu feras ») liés à un temps précis. Le port du taleth fait partie de cette catégorie de commandements et, à ce titre, les femmes en seraient dispensées. En pratique, les femmes ne portent pas le taleth dans les synagogues traditionnelles – notons au passage que « l’exemption » s’est muée, ici comme en de nombreux autres domaines, et de façon tout à fait indue, en « exclusion ».

● En revanche, dans les synagogues libérales, et appliquant en cela le principe d’égalité qui est un des piliers des mouvements libéraux, les femmes peuvent porter le taleth si elles le souhaitent (de même que la kippa, de même que les tefillines).