7 raisons et 7 versets en faveur de l’étranger

chevrati

 

La Torah écrite, le pentateuque dans sa perception juive, cite souvent l’étranger pour rappeler les obligations de chacun à son égard. Nous avons parlé du sens ce ce respect dans notre précédent article, « Aimer le converti ».

 

Notre histoire, notre empathie, notre volonté d’imiter Dieu dans ses qualités, la demande expresse faite par Dieu, notre amour de la justice, la logique qui veut que ceux qui ont les mêmes devoirs partagent les mêmes droits, et notre promesse solennelle nous font obligation de protéger l’étranger.

Le lévitique mentionne l’obligation d’aimer l’étranger à peine quelques versets après le célèbre « Tu aimeras ton prochain comme toi-même »:
Lev 19 :33,34
Si un étranger vient séjourner avec toi, dans votre pays, ne le molestez point. 34 Il sera pour vous comme un de vos compatriotes, l’étranger qui séjourne avec vous, et tu l’aimeras comme toi-même, car vous avez été étrangers dans le pays d’Egypte je suis l’Éternel votre Dieu.
וְכִי-יָגוּר אִתְּךָ גֵּר, בְּאַרְצְכֶם–לֹא תוֹנוּ, אֹתוֹ. לד כְּאֶזְרָח מִכֶּם יִהְיֶה לָכֶם הַגֵּר הַגָּר אִתְּכֶם, וְאָהַבְתָּ לוֹ כָּמוֹךָ–כִּי-גֵרִים הֱיִיתֶם, בְּאֶרֶץ מִצְרָיִם: אֲנִי, יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם.

Ce passage souligne l’empathie naturelle que nous devons éprouver compte tenu de notre histoire: nous savons ce qu’est la condition d’étranger, et nous ne devons pas « faire à autrui ce que nous ne voulons pas subir ». L’empathie nous enjoint de le protéger.

Dans le Deutéronome, Dieu se pose lui-même comme le gardien des opprimés, et ici également le guer est mentionné:
Deut 10 :17-19
Car l’Éternel, votre Dieu, c’est le Dieu des dieux et le maître des maîtres, Dieu souverain, puissant et redoutable, qui ne fait point acception de personnes, qui ne cède point à la corruption; 18 qui fait droit à l’orphelin et à la veuve; qui témoigne son amour à l’étranger, en lui assurant le pain et le vêtement. 19 Vous aimerez l’étranger, vous qui fûtes étrangers dans le pays d’Egypte!
כִּי, יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם–הוּא אֱלֹהֵי הָאֱלֹהִים, וַאֲדֹנֵי הָאֲדֹנִים: הָאֵל הַגָּדֹל הַגִּבֹּר, וְהַנּוֹרָא, אֲשֶׁר לֹא-יִשָּׂא פָנִים, וְלֹא יִקַּח שֹׁחַד. יח עֹשֶׂה מִשְׁפַּט יָתוֹם, וְאַלְמָנָה; וְאֹהֵב גֵּר, לָתֶת לוֹ לֶחֶם וְשִׂמְלָה. וַאֲהַבְתֶּם, אֶת-הַגֵּר: כִּי-גֵרִים הֱיִיתֶם, בְּאֶרֶץ מִצְרָיִם
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Ici encore, le positionnement divin en faveur des faibles soit se traduire par une obligation de tous de les défendre, de même que le Dieu de liberté nous a défendu dans notre faiblesse lorsque nous étions étrangers en Égypte. Nous devons agir à l’image de Dieu.

Au delà de l’amour qui peut sembler une notion un peu vague, c’est le droit au sens strict du terme qui doit être garanti:
Deut 24 :18
Ne fausse pas le droit de l’étranger ni celui de l’orphelin, et ne saisis pas comme gage le vêtement de la veuve. 18 Rappelle-toi que tu as été esclave en Egypte et que l’Éternel, ton Dieu, t’en a affranchi; c’est pour cela que je t’ordonne d’agir de la sorte.
לֹא תַטֶּה, מִשְׁפַּט גֵּר יָתוֹם; וְלֹא תַחֲבֹל, בֶּגֶד אַלְמָנָה. יח וְזָכַרְתָּ, כִּי עֶבֶד הָיִיתָ בְּמִצְרַיִם, וַיִּפְדְּךָ יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, מִשָּׁם; עַל-כֵּן אָנֹכִי מְצַוְּךָ, לַעֲשׂוֹת, אֶת-הַדָּבָר, הַזֶּ
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Le passage suivant pose l’égalité de droit et de devoir de ceux qui veulent s’adjoindre aux hébreux. Pour les questions rituelles, l’étranger qui veut participer à la vie spirituelle juive doit également en accepter les principes, en particulier la circoncision. On notera que c’est la seule condition posée par la Torah elle-même en termes d’entrée dans le judaïsme. Bien sûr, nous savons que le judaïsme rabbinique s’appuie principalement sur la torah orale, de telle sorte que le processus actuel inclut la circoncision mais demande également d’autres types d’engagements. On retiendra que l’étranger peut s’adjoindre aux pratiques religieuses des bné israel et en partage alors les prérogatives:
Exode 12 :48
Si un étranger, habite avec toi et veut célébrer la pâque du Seigneur, que tout mâle qui lui appartient soit circoncis, il sera alors admis à la célébrer et deviendra l’égal de l’indigène; mais nul incirconcis n’en mangera. 49 Une seule et même loi régira l’indigène et l’étranger demeurant au milieu de vous.
וְכִי-יָגוּר אִתְּךָ גֵּר, וְעָשָׂה פֶסַח לַיהוָה–הִמּוֹל לוֹ כָל-זָכָר וְאָז יִקְרַב לַעֲשֹׂתוֹ, וְהָיָה כְּאֶזְרַח הָאָרֶץ; וְכָל-עָרֵל, לֹא-יֹאכַל בּוֹ. מט תּוֹרָה אַחַת, יִהְיֶה לָאֶזְרָח, וְלַגֵּר, הַגָּר בְּתוֹכְכֶם

Nombres 9 :14
Et si un étranger habite avec vous et veut faire la Pâque en l’honneur de l’Éternel, il devra se conformer au rite de la Pâque et à son institution: même loi vous régira, tant l’étranger que l’indigène.
וְכִי-יָגוּר אִתְּכֶם גֵּר, וְעָשָׂה פֶסַח לַיהוָה–כְּחֻקַּת הַפֶּסַח וּכְמִשְׁפָּטוֹ, כֵּן יַעֲשֶׂה: חֻקָּה אַחַת יִהְיֶה לָכֶם, וְלַגֵּר וּלְאֶזְרַח הָאָרֶץ

La fin du Deutéronome reprend ces principes et pose des garanties pour l’avenir: Alors qu’ils sont encore dans le désert, les enfants d’Israël doivent déjà prévoir la mise en place des droits de l’étranger à travers la cérémonie solennelle qui aura lieu sur le mont Héval, au moment de l’entrée en Canaan, lorsque les prêtres énonceront les interdits fondateurs et que le peuple entier devra répondre « amen »:
Deut 27 :21
Maudit, celui qui fausse le droit de l’étranger, de l’orphelin ou de la veuve! » Et tout le peuple dira: Amen! אָרוּר, מַטֶּה מִשְׁפַּט גֵּר-יָתוֹם–וְאַלְמָנָה; וְאָמַר כָּל-הָעָם, אָמֵן.

Nous devons être respectueux de l’Étranger et du converti car nous en avons fait la déclaration solennelle au moment d’entrer en Canaan.

A l’époque biblique, la « conversion » se déroule par intégration, et toutes ces lois sont destinées à permettre que cette intégration se fasse de façon respectueuse et viable, humaine.
Aujourd’hui, la « conversion » se déroule comme un processus qui inclut l’intégration à une communauté, et en ce sens, toutes les lois de bienveillance mentionnées par la torah sont applicables.
Ce chemin de l’entrée dans le judaïsme est différent dans la mesure où le peuple juif en France existe en tant que minorité. S’intégrer à une minorité représente une difficulté particulière. C’est la raison pour laquelle ceux qui veulent « venir nous rejoindre » sont plus que jamais invités à peser leur décision.

Mais c’est également la raison pour laquelle il nous appartient de les accueillir avec toute la bienveillance possible et de reconnaitre le mérite qu’ils ont à effectuer ce choix courageux.

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